slow room #1 « Metavilla, installation urbaine – Bordeaux

À Metavilla, lieu-oeuvre, découvrez SLOWROOM, une pièce artistique secrète lors d’une soirée privée où chacun est convié à vivre une expérience sensorielle où la vue, le toucher, les papilles et les oreilles s’éveillent dans une autre dimension. Musique, performance, vidéos et installations s’articulent comme dans un état second. Une invitation vers un voyage étrange où les frontières entre la pièce de théâtre, le concert et l’exposition semblent s’évaporer.

« Festina Lente » (Hâte-toi lentement) est une pièce qui questionne l’imaginaire technique entre l’organisme et le numérique. Envahi par un quotidien technologique et de communication, le temps se dilate pour devenir un hors espace-temps. Symbolisée par ce bleu omniprésent (reprenant les couleurs des réseaux sociaux numériques, celui de la science fiction et également celui d’un corps privé d’oxygène), la mise en scène est froide entrant en rupture avec le vivant. C’est la présence d’un autre souffle singulier qui vient parcourir nos environnements. S’immisçant sur les murs, venant se diffuser et se précipiter sur les parois, cette autre matière rentre en fusion avec nos espaces pour venir le contrer, voir le propulser dans une étrange atmosphère. Que devient notre réel en étant perfusé par cette écranisation numérique ? Le piano, l’un des tout premiers instruments mathématiques de mesure vient prendre en note cet instant pour mieux l’accompagner dans cette autre perception faite d’arithmétique. Les doigts pianotant sur le clavier, c’est une danse quasi-surnaturelle, voir fantomatique par cette présence absente mettant en vie elle aussi la notion de l’aléatoire.
L’intelligence artificielle se greffe par-delà ces pixels et cette lumière diffuse pour faire ressortir les cadrans de l’horloge et les vitraux. La pensée humaine se fond dans les objets communicants et c’est une nature agressive qui s’invite tant sur le plan topologique que conceptuel. C’est une tension sous-jacente qui s’entend dans cette fusion technologique et où cet hybride est à la limite d’un certain monstrueux. De la terre au corps, c’est une saccade, voir une déambulation géométrique qui fait sombrer les êtres dans une amnésie où la trace semble être devenue le seul enjeu de cet espace devenu mémoire.

13 et 18 novembre 2016. Caroline Corbal, Marie Manenc, Véronique Grenier, Wagaal, Zola Ntondo, Nicolas Louvancourt.