Alice Raymond

MEET#5 ALICE RAYMOND « Adieu à la nature »

Du 8 au 11 février 2018  / Vernissage le 8 février à partir de 19h / En présence de l’artiste.
Diffusion en vitrine de 19h à 22h.
Micro-exposition en galerie.

ALICERAYMOND-metavilla

« Adieu à la nature » est un projet polyforme qui s’inspire des changements induits dans la récemment définie ère de l’anthropocène. Dans ce contexte qui rend l’idée de changement et de disparition omniprésente, les pièces réalisées témoignent de la dualité des sentiments qui émergent, entre acceptation, résignation, et persistance des sentiments intrinsèques aux habitudes de relation avec la nature, comme le renouvellement.Les œuvres combinent des matériaux collectés in-situ, comme des branchages, des matériaux manufacturés de récupération –vieux clous, tissus, bois de construction ancienne- et des matériaux neufs de grande distribution, comme des tasseaux de bois raboté.

« Adieu à la nature » (calcinée sur piètement) est une sculpture qui se réfère formellement au Monument à la Troisième-Internationale de Tatline. Projet realisé à l’échelle de maquette qui célèbre l’idée de révolution, la sculpture sur piètement est une possible étape d’un format architectural. L’équilibre de la composition semble précaire, à la limite de la rupture. Le contraste du traitement du bois, calciné pour la sculpture et en pin nordique pour le piètement, tend a rendre évanescente l’une ou l’autre partie selon le fond d’installation utilisé.

La vidéo du même nom « Adieu à la nature » (vidéo) témoigne dans sa première partie du processus de fabrication de la sculpture calcinée. Elle en montre la consumation jusqu’au déséquilibre. La révélation de son origine formelle, codification ‘azerty’ du titre, rend la construction ludique, mais suggère également une dimension archéologique, celle d’un archétype découvert qui révèlerait un langage inconnu, perdu ou oublié. La seconde partie est le défilé de grands espaces vus d’avion. Leur texture salie des hublots, l’imprécision technique et leur palette quasi picturale confirme l’aspect d’archive, intemporel mais aussi indatable. Changeant de point de vue, un tableau de lever-ou coucher de soleil, vibratoire au sens littéral, donne une instabilité du territoire. En surimpression, s’inscrivent les termes Airpocalypse puis Waterleak, deux termes décrivant des pollutions atmosphériques et hydrauliques qui ont précédemment fait l’objet de peintures que je qualifie de ‘linguistiques’ (dont la composition est basée sur la codification d’un mot). Ces œuvres picturales font partie du travail réalisé à San Francisco en relation avec l’environnement et la disparition. La dernière partie de la vidéo d’une minute trente replace la sculpture calcinée dans son environnement d’origine. Elle prend alors un statut d’allégorie de la nature, reprenant ses droits dans un cadre déjà, encore, toujours ou de nouveau luxuriant. Les repères chronologiques sont brouillés, ne sachant plus ce qui était de l’ordre du passé, du présent ou de l’anticipation dans les chapitres précédents de la vidéo. On pense à la découverte de la statue de la liberté à demi ensevelie dans les dernière images de La planète des singes, qui en une ultime scène, inverse l’interprétation des causes et situation temporelle de toute la narration. En pied de nez, un aboiement clos la vidéo, référence au film ‘Adieu au langage’ de Godard dont le projet « Adieu à la nature » s’inspire de l’aspect multiple des formes et points de vue.

Un grand dessin est en arrière plan de la sculpture, essais d’effacements multiples réalisés directement sur un mur de la galerie. Ils font écho à l’iceberg de Caroline Corbal, son piano-bureau construit sur place, dans l’espace de la galerie Metavilla et à sa disparition imminente –à moins que, comme pour la banquise, il soit déjà trop tard et que la masse ait déjà disparu. Éventuellement (en projet), une série de petits formats s’immisce et envahit, en documentation d’archivage, le mobilier de l’espace. A.R

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